10 mars 2010

Nine (R.Marshall)

Top 9 de Nine

Puisque Nine n’est pas un film mais, au choix, un voyage touristique (chaque star visite Rob Marshall et en exige ce qu’il a de plus folklorique) ou une kermesse (chaque star vient faire son numéro, s’en va, et vous êtes priés d’applaudir mollement), voilà le top 9 des prestations. Hot-dog offert.



1. My husband makes movies (la première de Marion Cotillard)

Mieux lotie musicalement que les autres, c’est vrai, mais on n’en est pas moins surpris par sa manière d’habiter ce récitatif non-chorégraphié où seuls son visage et ses larmes assurent le spectacle. Et puis elle chante vraiment bien.



2. Be italian (celle de Fergie)

Flash-news : il aura fallu attendre Nine pour découvrir que Fergie-des-Black-Eyed-Peas a une voix. Mieux lotie visuellement que les autres, c’est vrai, tantôt filmée sur une plage en noir et blanc jouant avec la mythologie Marilyn, tantôt sur ce décor grossièrement italiano qu’on est écœuré de voir, mais qui est mieux employé ici qu’ailleurs. Ni le sable, ni les tambourins, ni les chaises ne sont vraiment originaux (cf. Cell Block Tango dans Chicago, du même Marshall), cependant l’insert sur sa main agrippant le gras de sa cuisse nous donne la chance de voir, pour la seule fois du film, un peu de vraie chair.


3. Take it all (la deuxième de Marion Cotillard)

Le meilleur moment du film : entre les images d’une scène de rupture en couleur s’interposent soudain les images en noir et blanc de Marion Cotillard en catin, s’effeuillant rageusement, sans ravaler ses larmes. On est étonnés autant qu’impressionnés : la petite française entre en concurrence directe avec la panthère Zeta-Jones de Chicago, qui avait plus ou moins droit à la même chorégraphie (niveau inventivité, Marshall est au point mort), et, s’en sortant bien, gagne ses galons de star hollywoodienne pour de bon.


4. Cinema italiano (celle de Kate Hudson)

Cette fois il y avait bien une idée : un numéro de danse en forme de défilé de mode, vendu comme un hommage à l’élégance italienne telle que la grande époque de Cinecittà nous a appris à l’aimer. Sauf que, en guise de Vogue, nous avons droit à la mini-jupe à paillette de Barbie Pouffe et à une infecte macédoine de clichés italiens (gnagnagna italiano, gnagnagna italiano, bis, ter, quinter) : cette fois c’est l’overdose.




5. A call from the Vatican (celle de Pénélope Cruz)

Pénélope Cruz telle que vous l'avez toujours vue : caliente (que ce soit dans Bandidas, Vanilla Sky ou Vicky Cristina Barcelona). Satin rose, lingerie cheap - on est très, très loin de la comédie musicale hollywoodienne : on est dans un peep-show, à Pigalle.





6. Guarda la Luna (celle de Sophia Loren)

Pour être honnête, on ne se souvient de rien d’autre que de son visage momifié (et pour cause, elle joue la maman morte de Day-Lewis), et absolument pas de la chanson elle-même, ni de la mise en scène. Au mieux (mais c’est involontaire) un argumentaire très efficace contre les dangers de la chirurgie esthétique à outrance.


7. I can't make this movie (la pire de Day-Lewis)

Day-Lewis paraissait fier du défi que constituait sa confrontation avec une telle brochette de stars. En dépit de la qualité très moyenne des prestations concurrentes, défi non-relevé : il chante mal. Quant aux chorégraphies, mises en scène, éclairages de ses numéros de singe dans les décors – rien de mémorable. Mais alors, rien.


8. Unusual way (celle de Nicole Kidman)

Un seul numéro pour notre bien-aimée Satine, exilé à la toute fin du film, et qu’on attendait comme le Messie. La pression montait à mesure de notre impatience : on comptait sur le vieil adage qui veut qu’on garde le meilleur pour la fin. Las ! Oubliées balançoires et hauts-de-formes, Diamonds are a girl’s best friends : on a droit à In an unusual way, en la regardant tourner autour d’une fontaine éclairée avec de gros seaux de lumières, comme si elle avait perdu quelque chose. A la place du haut-de-forme, un borsalino écrabouillé censé la rendre plus humaine, moins divine. Raté aussi : Kidman reste Kidman, telle que vous l'avez toujours vue (cf.Cruz).





9. Folies Bergère (celle de Judi Dench)

Son numéro est l’un des premiers – faire passer Judi Dench après Nicole Kidman aurait été un peu cruel. Nous rétablissons l’ordre que mérite le film, et vous abandonnons à l’amertume de ce numéro qui fait juste de la peine. Beaucoup de peine.



Camille & Noémie (C'n'N)

2 commentaires:

Elodie a dit…

Quand même, mettre Kidman en 8ème place, c'est dur, surtout si loin derrière cette affreuse scène de "cinema italiano". J'échangerais les places... car même si le numéro de Kidman est décevant, il n'a rien de grotesque. Tout le reste, si.

Je suis d'accord avec le podium quoique entre "take it all" et "be italian", mon coeur balance ! ;)

Des bises à vous deux.

noémie a dit…

Disons que nous sommes partis du principe qu'avec Cinema italiano Marshall avait au moins essayé de faire quelque chose...