20 février 2010

Do you know my poetry ?

Dead man, Jim Jarmusch, 1995.











Noémie.

15 février 2010

Lucky Luke ? - Ah non, vous faites erreur

Lucky Luke, de James Huth

UNLUCKY MICHEL


[Petit prologue en forme d'aveu sincère, en toute honnêteté, parce qu'on commence à se connaître:] Brice de Nice, du même James Huth, m'a vraiment fait marrer. [Fin du petit prologue en forme d'aveu sincère, en toute honnêteté, parce qu'on commence à se connaître.]

Le plus drôle, dans le Lucky Luke de James Huth, c’est le générique de fin. C’est à peu près le moment où l’on commence à rire. Parce qu’on y découvre enfin un peu d’irrévérence – un peu d’humour, en fait. « Ne cherchez pas Rantanplan, il n’est pas dans le film ». Des choses comme ça. Bon, ce n’est pas encore l’éclate, mais c’est particulier, c’est amusant. On avait ri aussi, un peu plus d’une heure avant. Quand Dujardin avait demandé à son cheval comment on dit « ta gueule », en cheval, pour faire taire un Jolly Jumper possédé par Bruno Salomone. Le cow-boy était assis sur des rails, au milieu du désert. C’était un plan à 10 euros, lumière naturelle, plan fixe, rien du tout. Le meilleur effet : les enfantillages de Dujardin. Mais Lucky Luke a coûté cher, extrêmement cher. Il faudrait l’adverbe convenant au prix en millions d’euros d’un générique et d’un plan fixe avec un acteur dans le désert. Scandaleusement ? Peut-être. Désespérément. Parce qu’il est désespérant de retrouver dans un film de 2009 les mêmes failles, les mêmes bêtises, que dans un film de 1998 : Lucky Luke est la même adaptation ratée de BD que le premier Astérix, celui de Claude Zidi, où il n’y avait jamais que Roberto Benigni à regarder (le dernier Astérix était bien nul aussi, mais Lucky Luke évoque plutôt l’inexpérience du premier plutôt que la vanité du dernier). Le film avait coûté cher aussi, et le réalisateur, les acteurs, les techniciens, avaient été écrasés, contraints, bâillonnés par le poids du budget et du patrimoine dont ils se sentaient dépositaires. Blagues tombant à plat, dialogues trop écrits, humour oublié, perdu en cours d’écriture du scénario… Ce qui arrive quand on est un petit français en train de se dire qu’on va faire américain, avec un budget qu’Hollywood consacre pourtant à son film de fin d’année (celui où les employés se mettent à poil, chantent avec des guirlandes sur la tête, tout ça).
Petit français parce qu’il ne s’agit jamais que de petite culture française, comme dans Astérix. La plupart des blagues ne pouvant être comprises que par le quidam passant au minimum 2 heures par jour devant les émissions de télé. Ca Claude François par ci, ça Cauet, ça Foucault, ça Un Gars Une Fille surtout. C’est ici qu’on se rend compte que Dujardin est devenu un acteur de cinéma : lui, on le voit à peine. Il ne joue littéralement PAS. Je me demande même si un plan sur son visage dure plus d’une seconde : ils devaient avoir peur que le public se rende compte qu’il ne ressemblait pas tant que ça à Lucky Luke, et demande le remboursement. C’est vrai quoi : il FAUT que la ressemblance physique soit parfaite. C’est pour ça qu’on a fait le film ! Ou bien ? Pourquoi ? Une histoire ? Des personnages ? Voyons…
C’est le pauvre tonton Michel qui fait des vannes en fin d’année parce qu’il sait bien qu’il est le tonton Michel, et que c’est son rôle de faire des vannes. Mais alors, imaginez un réveillon dont une bande-annonce diffusant toutes les blagues aurait circulé sur le net. Et tonton Michel serait obligé de les faire quand-même. Reste le générique, qu’on découvre, qui fait sourire, on l’a dit. Reste une blague de Michael Youn, que ça fait marrer d’offrir une sucette à une petite fille, parce qu’il est Billy the Kid. Rire de la pédophilie, c’est déjà délicat. En début de film, et sans véritable humour pour soutenir le second degré, c’est juste la puante cerise sur le gâteau pourri qu’on a envie de garder pour une fin de critique, histoire d’enfoncer le film une fois pour toute, et être bien méchant, alors qu’on hésitait à se retenir.


Camille

8 février 2010

Sherlock Holmes

Le tweed ne fait pas le moine.


Il aurait fallu beaucoup de culot, d'imagination et d'intelligence pour s'attaquer sans dommages à Sherlock Holmes. Pourtant, n'en déplaise aux aficionados d'enquêtes réglées comme du papier à musique, flegme spirituel et autres casquettes à carreaux, le pari avait tout pour séduire : vous connaissiez Sherlock l'impassible, le bien élevé, le rationnel, nous allons en faire une star du rock. Vous aimiez Watson le discret, l'avisé, le raisonnable, nous allons en faire une star du rock.

Let's rock then.


Voici ce qui swingue dans Sherlock Holmes :

1. Robert Downey Junior : la rockstar par excellence. Un génie bouillonnant et turbulent, plus méthodique sur le ring que sur une scène de crime, gentiment égoïste, bref : le seul homme au monde capable d'avoir la classe même en bretelles.

2. La musique de Hans Zimmer : nominée à l'Oscar. Il a même renoncé à son gimmick noire-pointée-noire-pointée-trois-croches-deux-doubles (je sais, ce serait plus simple si je pouvais vous le chanter) pour l'occasion. Plus sérieusement, une musique d'une légèreté et d'une vivacité surprenante de sa part, c'est tout simplement salutaire dans un film à la gloire du ralenti.

3. La photo : c'est vraiment très joli. Seulement, c'est bizarre, ça me dit quelque chose. Et c'est normal, parce que Ritchie a embauché le directeur photo de Sweeney Todd et lui a demandé de refaire la même chose, avec un peu d'Harry Potter et beaucoup de From Hell au milieu. Zut, tout de suite, ça swingue moins.

4. Une jolie scène de combat sur le ring pendant laquelle Holmes torse nu anticipe puis met à exécution une admirable stratégie du K.O. Bonne idée, vraiment, excepté que l'anticipation au ralenti suivie par la mise à exécution en accéléré, on l'avait déjà vue dix minutes plus tôt, dans la toute première scène. Oh, le vilain radoteur.

[5 ? NB : je mets un point d'interrogation pour le décorateur : il a peut-être fait un très joli travail, mais comme Ritchie ne se donne pas la peine de filmer le mythique 221B Baker Street, on n'a aucun moyen de le savoir.]

Ces quelques friandises dûment appréciées, que nous reste-t-il ?


1. Un faux tandem : j'aurais pu vous dire que Jude Law swingue aussi. Le problème, c'est qu'à force d'insister sur le fait que Holmes et Watson sont "frères", Ritchie a fait du second un simple clone du premier. Il finit ses phrases et ses raisonnements, frappe la joue gauche du méchant préamoché par le frangin à droite, partage gentiment ses armes à feu. Bref, on s'ennuie ferme.

2. Un méchant plat : comme si Tweedledee et Tweedledum ne suffisaient pas, on a droit à un méchant qui a la gueule d'Andy Garcia sans être Andy Garcia. Pas de personnalité, pas de passé, pas de mobiles, pas de jeu d'acteur. Tant de rien, c'est presque surprenant.

3. Une Homelette transparente : pire que transparente, insignifiante. Rachel McAdams est même très bien placée pour le titre de jeune actrice la plus insignifiante de la nouvelle génération. Vous pouvez crier à la mauvaise langue, m'accuser de jalousie, mon cavalier était exactement du même avis. Absence totale de tentative de jeu, aucune personnalité, aucun mystère (Irène Adler, quand même !), mêmes mimiques communes que dans tous ses autres rôles. Pour le coup, elle est tellement insignifiante que c'en est surprenant.

4. Un scénario inexistant : déjà, tout le film est construit comme prétexte à une suite, et ça, monsieur Ritchie, c'est vraiment de mauvais goût. En gros, le vrai méchant, celui qui a une personnalité, c'est l'inimitable Professeur Moriarty. Sauf qu'on ne le voit pas. Zut alors.

5. Des dialogues insuffisants : au mieux, vous souriez. Au pire, vous avez dans l'oreille un très désagréable bourdon de déjà-entendu.

6. Une enquête improbable : faire de Sherlock Holmes un super-héros, pourquoi pas ? Le raisonnement type "Vous savez (ah ! cette manie des détectives de rendre des comptes au méchant), lorsque j'étais à 600 mètres de vous, j'ai bien vu que vos chaussures était cousues main, voilà ce qui vous a trahi " s'accepte sans sourciller une fois, peut-être deux. Mais il faudrait quand même expliquer à notre cher détective qu'en attendant l'arrivée du cinéma en odeur, mener toute une enquête par déduction olfactive, c'est un peu ennuyeux.

7. Des images de synthèse : un assez joli pont en construction, et encore. Pour tout le reste, voir Sweeney Todd, Harry Potter VI, From Hell.

8. De la baston : sauf qu'ils ont manifestement oublié d'embaucher un chorégraphe, et promu dans l'urgence le type de la machine à café. Résultat : du Pirates des Caraïbes en soldes, et mal filmé.

9. DES RALENTIS : des tonnes et des tonnes de ralentis, et ô surprise ! surtout dans les scènes de baston. Nous avons bien de la chance.

10. Ah non, en fait non.

Sur ce, chers lecteurs, je vais me coucher, non sans m'ébaudir une dernière fois sur cette inénarrable réflexion de G.O. pour T***rama : "Le scénario, plutôt fin, obéit à l'esprit des romans." Que vous n'ayez jamais eu la curiosité d'ouvrir un Conan Doyle, je vous le concède, madame, les livres sont si chers. Mais tout de même, vous vous faites bien du mal...

Et si vous voulez vraiment mon dernier mot sur le film, je me permettrai cette petite blague : Rudimentaire, mon cher Watson. Je sais, elle est mauvaise. Le film aussi.



Noémie.

7 février 2010

Pourquoi Clooney est nominé aux Oscars - tome 1 : Une Nuit en Enfer


From Dusk Till Dawn - Tarantino/Rodriguez (1996)

Pas que nous soyons fans ou même devenus fans de Clooney, subitement, comme ça. Mais voilà : Oscar du meilleur second rôle en 2006 pour Syriana, nominé au meilleur acteur en 2008 pour Michael Clayton (alors soufflé par Daniel Day Lewis), et nominé à nouveau cette année pour In The Air (réalisé par le fiston du réal de S.O.S Fantômes !), Clooney communique avec nous, et son message est clair, le voici : les enfants, je suis plus qu'un amateur de Nespresso, qu'un docteur maboul pour adolescentes, qu'un sourire Colgate. - D'accord, d'accord, George, on t'écoute.
Début de la rétrospective : Une Nuit en Enfer. Officiellement, un film de Rodriguez (Desperado, Sin City), officieusement, le premier diptyque Grindhouse (première partie de Tarantino, seconde de Rodriguez). Bon, depuis que Tarantino a réussi à faire jouer Mélanie Laurent, plus rien ne nous étonne. Mais voilà :
Une Nuit en Enfer marque les débuts du Clooney hors-la-loi. Avant Hors d'Atteinte, avant les Ocean's, le voilà dans la peau d'un truand en cavale accompagné de son petit frère nerd et violeur, Tarantino himself. Si l'on ignore la seconde partie du film, charcutage kitchissime de figurants maquillés, d'animatroniques et de marionnettes image-par-image, Clooney porte à merveille la première heure, succession de saynètes tarantinesques autour du thème de la prise d'otages. A merveille, mais en douleur : ce qu'on a pris pour un bêtisier sur le dvd était en fait constitué des innombrables prises qu'il lui a fallu pour parvenir à prononcer le rap alambiqué de Tarantino. Et Clooney s'énervait. Ce n'était décidément pas un bêtisier : c'est fou ce que monsieur Nespresso peut devenir antipathique quand il se met à cogner sur la table au bout de la quatrième prise. On attendait les rires de l'équipe, ils ne venaient pas. Spooky.
Bref, Clooney n'a pas toujours été George (sans s s'il-vous-plaît) : ici il est Seth, Seth Gecko, et il fait peur. Son petit frère aussi, mais il lui tient la dragée haute : lorsqu'il braque la pauvre Juliette Lewis sur les cabinets, cesse brutalement les politesses (le I-want-to-know-you-better-shit) avec son otage Harvey Keitel, ou jaillit dans le plan, lors de sa première apparition, un regard caméra derrière son revolver braqué vers l'objectif. Parfois charmeur, évidemment, mais pour ses vrais débuts, occupé d'une violence qui trouble vraiment ce qu'on croyait connaître de lui. On reviendra sur cette violence au moment du tome 2, Les Rois du Désert.

Camille & Noémie

1 février 2010

Edito

Chers tous,

c'est indéniable, nous sommes en 2010. En ce premier février, recevez nos meilleurs voeux pour les 11 mois restants: paix dans le monde, santé, beauté, succès, peu d'acné. Si vous êtes gentils, ou même seulement polis, vous nous souhaiterez en retour inspiration, provocation, séduction, et croissance exponentielle sur la toile. Et puisque j'ai subtilement amené le sujet, parlons-en :

bien chers tous qui avez daigné montrer un intérêt pour Mauvaises langues, parlez de nous ! Communiquez votre enthousiasme à vos proches, invitez vos amis sur notre groupe Facebook, fabriquez des tracts, achetez un porte-voix, arborez un t-shirt à notre nom ! Chantez-nous, dansez-nous, taguez-nous sur les murs, dans le métro, chez vous ! Nous vous aimons, vous nous aimez, aidez-nous !

Nous n'avons rien à y gagner que votre fidèle amitié. Nous avons tant à vous offrir : humour, sarcasme, élégance, culture sans frais pour faire illusion dans les soirées chics. Aux indécis je dis : goûtez, réagissez, aimez, publicitez ! Et aux indécis laids, un bon ami à moi dirait : "Si t'es pas joli, sois au moins poli !". Parce que nous on vous aime, même laids.



Noémie.