12 janvier 2011

Notre avis est indispensable, suite et fin

Mes camarades, dans leur grande mansuétude, me pardonneront cette manifestation tardive.

Le vrai film que j'ai préféré :

Kick-Ass, Matthew Vaughn : C'est le film que j'ai conseillé à tous mes amis en 2010, et qui avait donc sa place ici, en ouverture du classement. Kick-Ass raconte peu ou prou l'histoire d'un gringalet chevelu se battant contre des très méchants très stupides dont le chef ressemble à Vladimir Poutine, sur une BO composée par Prodigy. Les références pas si subtiles à Spiderman, Counter Strike ou 4chan s'y disputent la vedette, tout comme Aaron Johnson et Christopher Mintz-Plasse, mon héros depuis Superbad. En bonus, il y a aussi Clark Duke, ce petit gros à lunettes qui emballe les filles dans tous ses films, de Sex Drive (chef d'oeuvre) à Hot Tub Time Machine (meilleur titre du monde). Que dire de plus ?

Les films qui font sérieux :

Mother, Bong Joon-Ho : C'est le film coréen de l'année, devant un Poetry somptueux mais un poil académique. Bong Joon-Ho, à qui l'on devait déjà le métaphorique The Host, continue d'exploiter la veine satirique acide et grotesque avec laquelle il dénonçait déjà les politiques de développement urbain sud-coréennes. Les personnages, tous au bord de la folie, composent un portrait à charge de cette société sclérosée par la corruption et l'immobilisme. Impitoyable et élégant.


Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, Apitchapong Weerasethakul : C'était donc la Palme, le film à voir cette année dans le microcosme lettré parisien qui pense que son avis compte. Étonnamment, la moitié qui ne s'est pas endormie a claqué la porte en clamant que décidément, c'en était trop cette fois-ci, et que Tim Burton devait être brûlé en place publique. Manifestement, la Thaïlande n'est pas la nouvelle Corée des cinéphiles. Soit. Alors ici, je lance un cri de ralliement pour tous ceux qui comme moi, ont trouvé que c'était le plus gracieux, le plus créatif, le plus féerique des films de 2010.


Nuits d'ivresse printanière, Lou Ye : J'avais déjà évoqué le cas Lou Ye dans cet article consacré au cinéma asiatique. Toujours aussi nerveux, son cinéma se perd à nouveau dans les méandres d'une Chine qui s'auto-censure jusque dans l'intime. Beau sans affectation, le film rappelle Happy Together de Wong Kar-Wai, dont il tente de dissoudre le huis-clos dans une fuite illusoire.


Tournée, Mathieu Amalric : Ce film brouillon et sentimental, à moitié réussi sans être à moitié raté, est une trop bonne surprise pour que je me prive de le mentionner. Le ramdam qui auréole Mathieu Amalric m'agaçant terriblement depuis à peu près toujours, le soupçon de surévaluation/surmédiatisation/surCannisation pesait très lourd sur son film. Et en fait non. Tournée a le débraillé pétillant d'une Nana au saut du lit, et sa nostalgie factice de cocotte.

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